Atterrissage en douceur ou explosion
Bien malin qui pourrait prédire ce que nous réservent les prochains mois. Pour certains experts, les prix peuvent à la limite se stabiliser, ils n'ont aucune raison de s'effondrer: avec une offre insuffisante par rapport à la demande, n'importe quel économiste saurait répondre à cette équation simplissime.
Si l'on ajoute que la baisse du coût du crédit et l'allongement des durées d'emprunt ont compensé la hausse des prix, la situation paraîtrait presque saine.
D'autant que comparée à ses voisines européennes, la ville de Paris passe encore pour une des moins chères. Voilà la théorie. Mais l'histoire immobilière récente nous a appris, parfois brutalement que «les arbres ne montent pas jusqu'au ciel». Les prix non plus.
Quels peuvent être les scénarios ? Celui des prudents ou des optimistes : atterrissage en douceur avec une stabilisation des prix, baisse des secteurs les plus élevés et ralentissement des transactions déjà entamé. Celui des pessimistes : une explosion en vol et une chute de la demande entraînant une baisse des prix.
Aucun indice ne permet d'étayer cette dernière hypothèse, sauf à imaginer que les banques, après avoir poussé à la consommation, ferment subitement les robinets du crédit ou que les taux d'intérêt remontent brutalement. Ce n'est pas prévu.
En 1990, le retournement brutal du marché et la dégringolade des prix avait pour décor un marché extrêmement spéculatif dans lequel les biens étaient revendus trois fois dans la même semaine avec une culbute de 20 % à chaque signature.
On a beau chercher, la situation actuelle présente bien peu de similitudes avec les années qui ont précédé la crise. Les logements se vendent à des familles qui s'y installent ou à des investisseurs privés en quête de défiscalisation.


